Mannequins : évolution de la minceur dans la mode contemporaine
L’industrie de la mode a toujours été le reflet des standards de beauté de chaque époque. Les années 90 ont été marquées par une silhouette ultra-mince, incarnée par des mannequins comme Kate Moss. Cette tendance a façonné les attentes et les normes, influençant des millions de personnes à travers le monde.
Ces dernières années, un changement significatif s’opère. Les marques et les designers commencent à embrasser une diversité corporelle plus large. Des mannequins aux courbes généreuses défilent aux côtés de leurs homologues plus minces, redéfinissant ainsi les canons de beauté et ouvrant la voie à une mode plus inclusive.
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Plan de l'article
Les origines de la minceur dans la mode contemporaine
L’obsession pour la minceur dans la mode contemporaine ne date pas d’hier. Dès les années 60, des icônes comme Twiggy ont introduit un idéal de minceur qui allait marquer les décennies suivantes. Dans les années 90, des mannequins comme Kate Moss ont incarné ce que l’on appelait alors la ‘heroin chic’, une esthétique de la maigreur extrême. Ce culte de la minceur a été renforcé par des déclarations comme celle de Karl Lagerfeld, affirmant en 2013 que ‘personne n’a envie de voir une femme ronde sur les podiums.’
L’industrie de la mode et la minceur
L’industrie de la mode a trouvé des avantages logistiques à privilégier les corps minces. Paolo Volonté, professeur de sociologie de la mode à Milan, explique que ‘produire à l’échelle industrielle pour des corps minces et plats est plus facile.’ Les collections peuvent ainsi être taillées de manière standardisée, réduisant les coûts et le temps de production.
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- Fashion Week : Les observateurs s’inquiètent du retour de la grande maigreur sur les podiums.
- Karl Lagerfeld : A déclaré en 2013 que personne n’a envie de voir une femme ronde sur les podiums.
- Paolo Volonté : Affirme qu’il est plus facile de produire à l’échelle industrielle pour des corps minces et plats.
Le poids des médias et des magazines
Les magazines de mode ont aussi joué un rôle majeur dans la propagation de cet idéal corporel. Des publications influentes comme Vogue et Harper’s Bazaar ont souvent mis en avant des mannequins extrêmement minces, consolidant ainsi les standards de beauté dans la société occidentale. Cette représentation uniforme a eu un impact considérable sur l’image corporelle des jeunes filles et des femmes du monde entier.
L’impact des standards de minceur sur la santé des mannequins
Les standards de minceur imposés aux mannequins ont des conséquences graves sur leur santé. L’incitation à la maigreur excessive conduit souvent à des troubles alimentaires sévères comme l’anorexie. Ana Carolina Reston, mannequin brésilienne, est morte en 2006 à cause de complications liées à l’anorexie, mettant en lumière les dangers de ces attentes irréalistes.
Ekaterina Ozhiganova, fondatrice de Model Law, a tiré la sonnette d’alarme sur ces risques pour la santé. Elle milite pour des conditions de travail plus humaines et des standards de beauté plus diversifiés. De son côté, Maud Le Fort, mannequin française, a dû perdre énormément de poids pour défiler en France, illustrant la pression incessante subie par ces professionnels.
Les études et témoignages
Alison Fixsen, Magdalena Kossewska et Aurore Bardey ont co-écrit une étude sur l’impact du mannequinat sur l’image corporelle et les comportements alimentaires. Leur recherche démontre que l’obsession pour la minceur exacerbe les problèmes de santé mentale et physique chez les mannequins.
- Anorexie : Cause de décès de la mannequin Ana Carolina Reston en 2006.
- Ekaterina Ozhiganova : Fondatrice de Model Law, alerte sur les risques de santé.
- Maud Le Fort : A dû perdre du poids pour défiler en France.
- Alison Fixsen : Co-auteur d’une étude sur l’impact du mannequinat.
Les témoignages des mannequins révèlent une réalité souvent ignorée. La quête obsessionnelle du ‘corps parfait’ crée des pressions énormes, entraînant des conséquences irréversibles sur leur santé.
Les initiatives et mouvements pour diversifier les standards de beauté
Les géants de la mode commencent à réagir. En 2017, LVMH et Kering ont signé une charte pour améliorer les conditions de travail des mannequins. Objectif : Bannir la maigreur extrême des podiums et promouvoir la diversité corporelle.
Certaines maisons de couture prennent des mesures concrètes. Dior affiche des messages body-positive inclusifs, féministes et anti-stéréotypes lors de ses défilés. Le styliste Julien Fournié a fait défiler des femmes enceintes, brisant les conventions strictes du mannequinat.
Marque | Initiative |
---|---|
LVMH & Kering | Charte pour améliorer les conditions de travail des mannequins |
Dior | Messages body-positive lors des défilés |
Julien Fournié | Défilé avec des femmes enceintes |
Hermès | Vêtements en taille 48 |
Les marques pionnières
Hermès, sous la direction de Véronique Nichanian, réalise des vêtements en taille 48 pour ses collections homme. Une avancée significative dans une industrie souvent limitée aux tailles minces.
Des figures emblématiques comme Ashley Graham, Paloma Elsesser et Precious Lee redéfinissent les standards du mannequinat. Ces mannequins plus size sont devenus des icônes, prouvant que la beauté n’a pas de taille unique.
Les réseaux sociaux jouent un rôle fondamental pour ces mouvements. Les hashtags #bodypositive et #effyourbeautystandards rassemblent des millions de publications, offrant une plateforme aux voix marginalisées.
Les perspectives d’évolution pour un mannequinat plus inclusif
Le monde de la mode évolue, mais lentement. Les mannequins plus size comme Ashley Graham, Paloma Elsesser et Precious Lee sont devenus des icônes, redéfinissant les standards de beauté. Malgré cela, Vogue Business rappelle que 95,6% des tenues dévoilées lors des défilés sont encore présentées par des mannequins de tailles 32 à 36.
Les réseaux sociaux catalysent ce changement. Les hashtags #bodypositive et #effyourbeautystandards rassemblent des millions de publications. Ces plateformes permettent aux voix marginalisées de s’exprimer, offrant une visibilité accrue aux modèles plus inclusifs.
Les initiatives des grandes marques
Certaines marques prennent les devants. Véronique Nichanian chez Hermès propose des vêtements en taille 48 pour ses collections homme. Dior affiche des messages body-positive et anti-stéréotypes lors de ses défilés, tandis que Julien Fournié fait défiler des femmes enceintes.
- LVMH et Kering : Charte pour améliorer les conditions de travail des mannequins
- Dior : Messages inclusifs et féministes
- Hermès : Vêtements en taille 48
- Julien Fournié : Défilés avec des femmes enceintes
Des voix influentes
Des figures comme Vanessa Friedman, journaliste au New York Times, influencent le débat. Elle a été accusée de body shaming, soulignant la résistance persistante au changement. Vogue Business rapporte que les défilés continuent de privilégier les mannequins de tailles minces, illustrant le chemin restant à parcourir.